Certaines cloches rentrent à Rome, d’autres au Tibet – Philippe Barraqué

cloche drilbu Certaines cloches rentrent à Rome, d’autres au Tibet en migrantes clandestines. Comme des nuées d’étourneaux, certaines font du raffut dans les arbres du paradis soufi, d’autres résonnent sagement sur le plancher des vaches. Toutes ont la passion de la vibration, de la résonance dans vos oreilles. Elles aiment faire frétiller vos tympans, et remuent leur battant comme autant de langues qui prononcent les noms des divinités et des dieux vivants. Par Philippe Barraqué, musicologue.

Mais nos pérégrines préférées, toujours prêtes à chasser nos émotions résiduelles, ce sont les tibétaines qui accompagnent les rituels, en habits sonores de bronze, d’argent et d’or.

La cloche et la foudre

Instrument rituélique indispensable du bouddhisme tibétain, la cloche à main drilbu accompagne les prières et les mantras. En sanskrit, on la désigne sous le nom de vajra ghanta, c’est-à-dire « la cloche dont le manche a la forme d’un vajra ». Pour les hindous, le vajra symbolise la foudre du dieu Indra alors que pour les tibétains, il est le dorjé, le Seigneur du diamant, la nature indestructible de la vacuité.

Qu’on l’appelle selon les traditions drilbu ou ghanta, l’usage de cette petite cloche s’est répandu dans le monde asiatique du Japon à l’île de Java. Le drilbu et son inséparable dorjé forment les deux éléments indissociables des rituels bouddhistes qui montrent à la fois l’interdépendance des éléments mis en vibration et l’illusion permanente de ces phénomènes.

drilbu et dorje L’officiant tient la cloche dans sa main gauche, symbolisant la Connaissance, et dans l’autre main, le dorjé représentant les moyens pour y parvenir. Si ces deux instruments évoquent des forces antagonistes, ces oppositions disparaissent au moment de l’éveil ultime. Comme l’exprime dans un poème le maître Brug-pa Kun-legs :

« La cloche, claire connaissance qui connaît et la foudre vajra, concentration sans pensées discursives, ces deux instruments ont beau être différenciés par leurs noms, je fais le vœu qu’ils ne fassent qu’un en l’état d’union mystique. »

Le corps sonore de la divinité

La cloche drilbu a un son clair mais ample qui se maintient dans le temps, se transformant en murmure intérieur et subliminal. Les meilleurs instruments sont coulés dans un alliage appelé li. Mais il existe au moins quatre sortes d’alliage avec des teneurs différentes en zinc, en cuivre ou en bronze. Selon certaines sources orales, les manches des drilbus fabriqués dans la vallée de Katmandou, seraient constitués de cuivre, d’étain et de zinc, alors que de l’or et de l’argent entreraient dans la composition des corps des instruments. Mais beaucoup de ces cloches ont été fondues dans un alliage fait à partir d’objets courants récupérés lors de l’exode du Tibet vers l’Inde.

L’aspect de la cloche est très codifié, à l’image du corps d’une divinité. Khog-pa, le corps de la cloche, abonde de symboles bouddhiques, de bîja-mantras et d’ornementations. Son sommet bombé, son « cerveau », est entouré d’une double couronne de lotus. Celle à l’extérieur est constituée de huit pétales et syllabes-germes alors que celle à l’intérieur accueille une quarantaine de pétales en rangées très serrées.

La jupe décorée de la cloche se subdivise en trois registres tout comme la voix s’exprime sur différentes tessitures, de l’aigu jusqu’au grave. En haut, des perles et des dorjé ; en dessous des têtes de monstres et les emblèmes des cinq familles de bouddhas. Et enfin, à l’endroit où la jupe de la cloche s’évase pour former la « bouche », l’ouverture inférieure, se dressent des dorjé disposés verticalement.

Su la face interne de la cloche, son temple intérieur, sont souvent gravées les trois syllabes sacrées OM AH HUM et sur son dôme un lotus entoure l’anneau où sera attaché le battant, la « langue de la cloche», dril-lce en tibétain. Son manche est parfois surmonté d’un demi dorjé à cinq ou neuf pointes et d’une tête couronnée qui repose sur un vase bumpa.

La cloche qui chante « sha-la-la »

cloche tibétaine plate gshang Moins connue, la cloche gshang, de forme aplatie, est en usage dans les rituels bön, une branche particulière des traditions religieuses tibétaines. Chaque gshang, en fonction de l’alliage de métaux qui la constitue, a sa signature sonore. Le maître bön Kun-grol grags-pa leur attribue des onomatopées particulièrement musicales : le sha-la-la du gshang d’or, le si-li-li du petit gshang en argent, le khro-lo-lo de celle en bronze, petite cousine du gong.

Selon le très érudit Bsod-nams blo-gros du monastère de sMan-ri, les trois catégories de gshang correspondent à l’abolition des Trois poisons que sont le désir, la haine et l’obscurité mentale.

« Que les cinq syllabes-germes soient gravées à l’intérieur, nous précise-t-il dans un long texte symbolique. Qu’elle porte à l’intérieur les huit signes de bon augure, signe que tous les êtres parviendront à la félicité. Quant aux rayons du soleil qui la strient à l’extérieur, c’est le signe de la purification des obscurités du monde de la transmigration. Qu’il y ait un trou au milieu afin que les six catégories d’êtres vivants prennent le chemin du Milieu. Que la poignée soit faite en feutre blanc afin qu’après l’avoir saisie, tous les êtres s’enracinent dans une vie pure… »

La Pâque universelle

A l’intérieur de la cloche gshang, trois cercles concentriques symbolisent les trois corps de la tradition bön. Huit signes de bon augure y sont gravés et près du battant, les cinq pointes de la roue des terribles tournent inlassablement. On peut y lire les bîjas-mantras des cinq bouddhas, « les cinq syllabes des héros » : AH-OM-HUM-RAM-DZA.

Des mantras à répéter inlassablement aux sons des cloches du Tibet et d’ailleurs. Des mantras où se mêlent les phonèmes de toutes les langues, celles des hommes, des oiseaux, des demi-dieux et des prophètes. Ils mettent en vibration les germes sonores de votre renaissance, la Pâque universelle qui transforme le cœur de l’être.

Philippe Barraqué, musicologue, musicothérapeute (Université Paris8)



2017.Thérapie sonique – Tous droits réservés – Reproduction interdite – Philippe Barraqué

Vibraconférence Mantras de guérison à Rouen – Philippe Barraqué

Vibraconférence Rouen 23032017.JPGUn public nombreux est venu partager avec moi les Mantras de Guérison, à la Halle aux toiles de Rouen, avec la librairie Le Lotus.

Chaleureux, fraternel, loin de l’agitation parisienne, il y avait de la joie dans leur attente et de l’attention durant la pratique.

Nous avons fait vibrer les ailes du Grand Son, pris conscience du mantra du souffle, harmoniser et pacifier l’être avec un mantra égyptien d’Edgar Cayce, et enfin, la lumière bleue du Thérapeute nous entoura avec le mantra du Bouddha Médecin.

Ils ou elles vinrent ensuite à ma rencontre : certains m’avaient découvert sur YouTube, d’autres me connaissaient et me suivaient depuis longtemps, et furtive, une sœur des Trois Colonnes y ajouta sa présence.

Philippe Barraqué, auteur du livre Mantras de guérison aux éditions Guy Trédaniel

www.mantrasdeguerison.fr


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La pratique des mantras par Philippe Barraqué

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Un refrain de chanson, les battements du cœur, le rythme régulier de la respiration, tous ces sons courants sont construits sur le même principe que le Mantra : une formule répétitive. Philippe Barraqué, formateur en yoga du son, musicologue et musicothérapeute (Université Paris 8) vous invite à les découvrir et à les pratiquer.

Pour les hindouistes, les Mantras, dans leur phase opérative, sont des divinités, qui possèdent les pouvoirs du Créateur. Ils accomplissent leurs tâches d’émanation, de maintien et de résorption de l’univers. Ils sont également des révélateurs de connaissance pour l’être humain, des supports vibratoires utilisés par les maîtres pour initier leurs disciples.

Chaque hindouiste vénère son maître intérieur – l’Ishta-Devatâ – en répétant son Mantra secret. Les Kîrtans réunissent des assemblées de fidèles qui psalmodient en continu des noms de divinités. Il en est de même pour les Bhâjans où se mêlent des hymnes chantés et des musiques en l’honneur de Vishnu.

le-yoga-du-son-p-barraque-red Les Mantras sont chargés de cette puissance vibrante qui va permettre au pratiquant d’ouvrir sa « troisième oreille », de préparer son grand réveil. Quand tout est accompli, que toute trace de syllabes et de sons a complètement disparu, ils se résorbent dans la vibration pure appelée Spanda et s’unifient à elle : « Ayant accordé leur faveur à l’être limité, ils s’en sont allés vers l’état sans trouble ». (Malinivijaya tantra)*

  • Philippe Barraqué a publié aux éditions Guy Trédaniel Le yoga du son – Conseils pratiques pour chanter vos énergies et très récemment, Mantras de guérison – Plus de 500 mantras pour agir sur les maux du corps et de l’esprit. Ces ouvrages sont accompagnés d’un CD pour faciliter la pratique.
  • Retrouvez le travail sur les sons et la thérapie vocale de Philippe Barraqué sur le site yogaduson.info et sur sa chaîne YouTube

*Extrait de Le Yoga du son, Philippe Barraqué, Guy Trédaniel éditeur, reproduction interdite


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Mantras de guérison Conférence à Rouen

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Venez nombreux à la Halle aux Toiles de Rouen, le jeudi 23 mars 2017, à 20 heures, pour découvrir les mantras et les chanter. Amenez les vôtres et repartez avec des mantras chez vous pour enchanter votre vie. Philippe Barraqué, faiseur de mantras et musicothérapeute vous attend avec ses syllabes magiques.
Participation 10 euros – Réservations Librairie Le Lotus : 02.35.07.46.34 contact@librairielelotus.com – www.librairielelotus.com
  • La Halle aux toiles, 19 place de la Basse vieille tour 76000 Rouen

– Retrouvez-nous sur notre chaîne YouTube : www.youtube.com/c/harmonicworld

– Livre Mantras de guérison, Philippe Barraqué, Guy Trédaniel éditeur

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La vérité sur le diapason naturel 432 Hz – Philippe Barraqué

diapason2On vous parle souvent du La 432 Hz comme étant le diapason naturel, la fréquence qui vous harmonise et vous procure du bien-être. Qu’en est-il exactement de ce diapason quasi magique qui serait capable de réaligner vos neurones, de modifier votre ADN et de vous faire chanter le son universel OM sur la tonalité juste ? Philippe Barraqué, musicothérapeute et éminent musicologue rétablit la vérité.

La note qui vous accorde

Retournons aux sources de ce diapason énigmatique : une fréquence quasi mystique qui fait couler beaucoup d’encre et alimenté des rumeurs. On lit beaucoup d’informations sur les réseaux sociaux, non seulement sur le La 432 Hz, mais aussi sur d’autres fréquences capables de favoriser l’ouverture du cœur, de nettoyer vos chakras, même de soigner vos plantes d’intérieur ! Certaines fonctionnent – celles qui reproduisent les taux vibratoires des remèdes naturels – d’autres pas.

Commençons par une dose homéopathique de solfège (le vilain mot !). La note La est la sixième note de la gamme musicale. Il est d’usage de la considérer comme la note qui permet à un orchestre de s’accorder mais aussi à harmoniser vos énergies. En général, c’est le hautbois qui donne le ton à l’orchestre symphonique ou le chef de chorale qui écoute le son « La » sur son smartphone.

En yoga du son, c’est aussi sur un La que vibre le sixième chakra Ajna qui, selon le maître spirituel Sivananda, « détruit tous les effets du karma ».

La longue saga du diapason

Diapason, c’est un nom qui vient du grec ancien « dia-pasôn » et qui se traduit littéralement par « d’un bout à l’autre ». Il a d’abord servi à déterminer l’intervalle d’octave, c’est-à-dire l’espace de huit degrés qui va d’une note de même nom à une autre (Do medium à Do aigu par exemple). En effet, avant que l’on « tempère » la gamme en demi-tons égaux entre eux, les intervalles de quinte et d’octave étaient dissonants. Ce sens premier du mot diapason perdurera jusqu’au Moyen Age. Une époque où la musique se jouait naturellement, sans se soucier de son impact physique ou émotionnel. Tout au plus servait-elle à séduire par les chants d’amour courtois ou à galvaniser les armées de chevaliers.

La notation musicale du plain-chant grégorien offrait aux religieux une certaine liberté d’interprétation : les sons vocaux monodiques sortaient et les harmoniques des voyelles latines résonnaient sous les voûtes cisterciennes. Elles auraient pu fusionner avec les sonorités hindouistes des voyelles sanskrites, toutes deux unies dans les mêmes résonances nasales et maternelles faites de « Om » et de « Um ». Il y eut, bien sûr, les harmonies célestes d’Hildegarde de Bingen, abbesse et thérapeute visionnaire, mais ses pouvoirs, limités aux frontières de l’Occident, ne peuvent être comparés à ceux attribués à la musique par les grecs et les égyptiens, et ce depuis la nuit des temps.

La médecine primordiale par les sons

En effet, en Grèce et en Egypte, mais aussi dans tout le Moyen Orient (soufisme), la musique avait autant sa place au niveau politique et sociétal que dans les domaines des arts et de la médecine primordiale. Certaines incantations et morceaux instrumentaux, utilisant des modes musicaux anciens (dorien, phrygien, etc.), favorisaient la concorde du peuple, prémunissaient des morsures de serpent, guérissaient les coxalgies, adoucissaient les douleurs de l’enfantement, et bien d’autres maux encore. On a donc rien inventé avec la musicothérapie!

Bien entendu, la science des sons indienne et chinoise a toujours su harmoniser le corps et l’esprit, les flux énergétiques des chakras et des méridiens, en correspondance avec des notes de musique, des mantras, des sons de purification, bien qu’il soit parfois difficile d’établir des concordances musicales entre ces deux systèmes souvent antagonistes.

On voit donc que les systèmes musicaux de l’Antiquité répondaient à tous les besoins de la société en prenant pour diapason les tonalités multiples de la musique cosmogonique des planètes. Ils étaient fondés sur des gammes et des intervalles complexes, notamment ceux de la musique pythagoricienne.

La note personnelle

En Inde, le système musical est très sophistiqué constitué de micro-intervalles, de shrutis qui induisent des états émotionnels, de ragas qui célèbrent chaque heure de la journée. Le « Sa » constitue la note personnelle du musicien sur laquelle il bâtit sa gamme (« Sa Re Ga Ma Pa Dha Ni ») : un diapason naturel et sur-mesure. De même, lorsque vous avez des affinités avec une personne, vous vous connectez inconsciemment à son « Sa ».

Bien des siècles plus tard, les occidentaux utilisèrent leurs connaissances en électro-acoustique et multiplièrent les fréquences à l’infini, de l’audible à l’inaudible, de l’oreille humaine à l’oreille céleste. Des compositeurs comme Pierre Boulez ou Edgard Varèse s’en servirent comme matériau sonore, déstructurant les gammes, fragmentant le temps et l’espace, explorant tous les possibles du son, réinventant chaque jour de nouveaux diapasons éphémères en quête du son absolu, de la vibration première, celle du Créateur.

Toute la vérité sur le « La »

Lorsque vous improvisez une mélodie chantée, vous vous accordez spontanément sur un La dont la fréquence se situe entre 392 et 432 Hz, et non pas sur celui actuel à 440Hz. Ce n’est pas pour rien que les instruments anciens de la musique baroque sont souvent accordés sur un diapason plus bas facilitant l’accompagnement des voix. Mozart composait sur un pianoforte accordé sur un La 422 Hz. Toutes ces données musicologiques corroborent l’utilisation de diapasons généralement plus bas qui vous relient aux battements périodiques de l’origine de la vie. Mais dire pour autant que le La 432 Hz agit sur le milieu liquidien de nos cellules reste une argumentation sans fondement scientifique car la fréquence de l’eau est proche de celle des rayons infrarouge et transposée quelque trente octaves plus bas, elle fait entendre un Ré # sur 310 Hz, loin de la fréquence mythique qui fige les cristaux d’eau gelée!

Les fluctuations du diapason

Autant dire que la tonalité du diapason fluctua au cours des siècles car comment imiter la musique des sphères avec sept malheureuses notes de musique ! La pensée unique et scientifique ne régnant pas encore, le diapason s’arrangeait avec les tentatives empiriques et fantasques des musiciens. En France, les diapasons de l’époque baroque variaient entre 392 et 415 Hz. En Italie, ils s’adaptaient en fonction des variations climatiques et de la « fantasia » : de 390 Hz à Rome à 460 Hz à Venise.

Du diapason à 404 Hz, vers 1700, à celui en usage à l’Opéra de Paris, en 1859, on était passé à 448 Hz, soit près d’un ton supplémentaire. Le Congrès International de Paris de 1859 y mit bon ordre en le faisant redescendre à 435 Hz, « par une température de 18 degrés », précisait la commission d’experts.

Donnez-moi le « La »

Le diapason, c’est vous, ce que vous y mettez de vibrations positives, ce qui fait « son » et sens en vous. Prenez conscience que votre corps est une oreille en totalité, comme aimait à le rappeler le professeur Alfred Tomatis, et que vos plexus, votre colonne vertébrale, entrent en résonance avec les éléments naturels, tout comme les cordes d’une harpe éolienne vibrent sous l’effet du souffle du vent. C’est ainsi que la sage indienne Mâ Ananda Moyî nous enseigne que « notre corps est un instrument de musique». Il suffit d’y jouer les bonnes notes et sur les bonnes tonalités pour se maintenir en bonne santé !

Pour cela, vous pouvez trouver dans le commerce un diapason thérapeutique (accordé si possible à 432 Hz !) que vous mettrez en vibration et poserez sur un point d’acupuncture, un plexus, un chakra ou juste derrière l’oreille. Mais appuyer sur la touche La 440 d’un piano est aussi une expérience vibratoire intéressante comme poser un bol chantant émettant cette fréquence sur une zone du corps à harmoniser.

Les fausses rumeurs

Pourtant, certains esprits tourmentés prétendent aujourd’hui sur la toile que c’est le régime nazi qui a établi la fréquence actuelle du diapason à 440 Hz. La théorie du complot sévit dans tous les domaines, même les plus inattendus. Il n’en est rien puisque cette tonalité a été fixée à Londres en 1939 et validée définitivement en 1953. Vaste résolution qui dans les faits fut que partiellement respectée. En effet, il est courant qu’un orchestre classique s’accorde un peu plus haut pour tenir compte des variations de température des salles de concert. Cela ne fait pas le bonheur des artistes lyriques qui « plafonnent » avec leurs contre-uts et s’égosillent dans les aigus. A tel point que dans les années 1970, Pavarotti et quelques autres créèrent en Italie une association pour que le diapason baisse. On revenait quasiment au point de départ : un La en dessous de 440 Hz !

La fréquence du Om universel

Pour conclure cette saga sonore sur une note plus légère, j’ai en tête ce très beau diapason en métal rutilant que sortait de son coffret Maud Forget, directrice émérite de l’Ecole Normale de Yoga, où j’enseignais le yoga du son aux futurs professeurs. Cette vieille dame toujours vaillante avait commandé en Autriche ce très bel instrument en forme de U. Au moment où elle le mettait en vibration et le posait sur le sol, il en sortait un La miraculeux 432 Hz repris par un chœur de « Om » qui touchait nos âmes et nous unissait à jamais dans le cercle infini du Vedanta.

C’est ce son que je garde toujours au plus profond de moi, comme une caresse du dedans, un élan ultime vers le son incréé qui précéda la vie. Le diapason fait partie de votre histoire personnelle, vous y mettez ce qui vous guérit et ce sont vos vibrations de l’âme qui vous soignent.

Philippe Barraqué, musicothérapeute, docteur en musicologie


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